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Portrait de Johanna Rolland, Maire de Nantes

Depuis votre labellisation en tant que « Capitale verte de l’Europe » et l’implication précoce dans la place du vélo en ville jusqu’à l’arrivée du véhicule autonome cet été, en passant par la rupture annoncée avec le diesel pour les bus dans deux ans, les exemples sont nombreux pour positionner Nantes dans le peloton de tête des métropoles engagées dans le développement durable.

 

Comment voyez vous la continuité de cet engagement dans les années à venir sur ce sujet ? Et dans dix ans ?

Nantes est une métropole qui a un temps d’avance sur ces questions et nous voulons que cela continue. Dans la ville de demain, la question des mobilités est essentielle, car elle croise des enjeux écologiques, économiques et sociaux. Se déplacer facilement, c’est gagner en qualité de ville et en qualité de vie. C’est pourquoi nous allons poursuivre et même accélérer nos engagements sur le territoire, avec toujours l’idée de faire de Nantes un terrain d’expérimentation XXL pour des innovations. Pour maintenir la qualité de service de notre réseau de transport, accompagner l’accroissement de son usage, anticiper les besoins de demain et accélérer la transition énergétique. Nous avons urgence à agir et faire évoluer nos modes de déplacement pour réduire notre impact sur la qualité de l’air, le climat et améliorer la qualité de vie dans les villes.Nous avons adopté en janvier la feuille de route transition énergétique de la Métropole,élaborée à partir des contributions du Grand Débat citoyen que nous avons organisé pendant un an. Les 33 engagements de cette feuille de route reposent sur trois piliers : une transition qui bénéficie à 100 % des habitants, qui soit 100 % locale en valorisant nos ressources et 100 % construite avec les citoyens. Et bien sûr, la question de la mobilité est au cœur de ces engagements avec notamment l’investissement d’ici 2030 d’un milliard d’euros dans la mobilité durable.

 

En lien avec ces convictions vous avez souhaité parrainer le Congrès ELECTRIC-ROAD qui se déroule à la Cité des Congrès les 18 et 19 juin prochains. Pouvez vous nous dire l’intérêt que représente pour vous une telle vitrine, mêlant expertise et pédagogie ?

Il est essentiel d’organiser des temps d’échanges et de rencontres pour faire connaître au plus grand nombre d’acteurs les actions qui existent déjà en matière de mobilité électrique, échanger sur les initiatives pour nourrir de nouveaux projets et innovations et faire se croiser les regards notamment entre acteurs publics et privés. C’est avec cette approche, que les projets pourront essaimer en France, en Europe et au-delà. Les questions de mobilité électrique ne sont pas uniquement des questions techniques d’expert, elles vont bien au-delà, elles interrogent notre rapport à la ville, à la rue, elles sont en lien avec la question énergétique, etc…Il est donc indispensable d’avoir des espaces comme ELECTRIC-ROAD qui mêle  expertise et pédagogie pour innover et développer des projets. Cela répond à de vrais besoins des acteurs et des territoires.

 

Premier thème fort du Congrès ELECTRIC-ROAD, le transport de personnes. Vous innovez puissamment avec l’E-Busway, bus électrique « biberonné » en site propre. Pouvez vous nous parler des projets qui vont suivre sur ce sujet ?

L’e-Busway est une première européenne. Plus long que nos busway actuels (24 mètres), il sera mis en service à l’automne. .Ce choix est un des exemples concrets de notre engagement dans la mobilité durable quel que soit le mode de transports. Nous travaillons aussi à faire fonctionner entre elles différentes alternatives qu’elles soient électriques, au gaz naturel ou à l’hydrogène. Pour pouvoir nous adapter plus facilement aux évolutions et innovations de toutes sortes et être ainsi plus résilients. Dans le domaine de l’électrique, plusieurs projets arriveront à maturité dans les mois qui viennent. Avec par exemple la location longue durée de plus de 2000 vélos dont 70 % seront électriques, la mise en service l’année prochaine d’une station hydrogène mutualisée, appelé Multhy, pour alimenter un parc de véhicules électriques d’un consortium d’entreprises dans le cadre d’un appel à projet européen. Nous sommes également engagés dans des appels à projet avec d’autres territoires pour développer la ville intelligente. La question du développement des bornes de recharges électriques y est présente avec tous ses enjeux. Les projets ne manquent pas dans ce domaine et ils sont pleinement intégrés dans la vision globale de Nantes Métropole en faveur de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables.

 

Deuxième thème fort du Congrès ELECTRIC-ROAD : comment voyez vous évoluer la “rue électrique” devant l’avancée de la mobilité électrique et de son cortège d’innovations ?

Le développement fort des mobilités électriques est visible à Nantes comme ailleurs : voitures électriques mais aussi trottinettes, hoverboard, gyroroues. Comme à chaque innovation, cela pose la question des usages, des pratiques et de la réglementation. Je suis convaincue que c’est avec l’ensemble des usagers de nos rues que nous pourrons construire demain la « rue électrique », pour laisser sa place à toutes les formes de mobilité. Et puis je ne crois pas forcément à LA rue électrique mais aux rues électriques . Toutes les villes sont différentes, d’abord dans leur topographie mais aussi dans les usages de la rue, les besoins des habitants, les priorités que se fixent les municipalités. Je crois que nous pouvons nous appuyer sur les richesses et expériences des autres pour être au plus près des usages de notre territoire dans le respect de ses habitants, de son histoire et de ses ambitions.

 

Un mot sur ELECTRIC-ROAD, ses travaux et son projet de proposer une filière industrielle sur les “Rues et les Routes Électriques” ?

Chaque initiative pour avancer un peu plus sur le chemin des « rues et routes électriques » est importante au vu des enjeux soulevés et de la complexité du sujet. Tout comme la filière hydrogène, il y a des opportunités à saisir pour développer une filière industrielle et faire connaître les savoir-faire et l’expertise français. C’est une très bonne nouvelle qu’ELECTRIC-ROAD se soit engagé dans ce sens. C’est essentiel  pour encourager, soutenir et développer toute cette filière et favoriser ainsi l’émergence d’écosystèmes soutenables sur le plan économique et environnemental. ELECTRIC-ROAD nous offre l’opportunité d’aller plus loin collectivement pour agir en faveur de la transition énergétique, en faveur de l’économie des territoires en créant une filière industrielle, créatrice d’emplois et de richesses, qui respecte l’environnement et les ressources, dans les territoires et la France.
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